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Ma vie de courgette : le film des 5e3!

Ma vie de courgette, le film réalisé en stop motion par les élèves de 5e3 est enfin disponible en ligne! Pour le regarder, il faut cliquer sur l'image ci-dessous!


 
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Le journal de classe : un exemple de construction coopérative du savoir


Eléments de contexte
En primaire, une page est éditée chaque jour pour constituer le cahier de vie. Au collège, le même principe est adopté mais de façon hebdomadaire dans le cadre du cours de français.


Objectifs
Le journal de classe permet de construire un outil de travail commun à la classe; il est élaboré à partir des productions d'élèves ; le journal est à la fois mémoire de la classe (compte-rendu des Quoi de neuf ?, textes libres, textes du patrimoine abordés à partir de productions d'élève) et outil de travail de la langue.


Mise en œuvre
1. Les élèves passent au Quoi de neuf ? sur inscription préalable. Ils ont trois minutes pour présenter un objet, une photo, raconter un événement. Ils répondent ensuite aux questions ou remarques de leurs camarades pendant trois minutes. Le professeur n'intervient pas sauf pour recadrer le débat (éviter les questions non constructives du type « Tu l'as payé combien? » et favoriser un questionnement qui met en avant le côté extraordinaire de la présentation (par exemple, devant un fossile, faire valoir que c'est un témoignage de plusieurs millions d'années lorsque les élèves demandent seulement où il a été acheté).

2.
Un élève prend en note le secrétariat sur l'ordinateur de la classe pendant que les autres prennent en note dans leur classeur sur un document type distribué en début d'heure en sixième, sur leur classeur en initiation à la prise de note à partir de la cinquième. A la fin du Quoi de neuf?, les notes du secrétaire ordinateur sont projetées à la classe qui corrige l'orthographe. C'est l'occasion de rappeler en situation de façon systématique les règles les plus courantes: accords, homophones. On peut aussi reformuler une phrase maladroite ou travailler les reprises pronominales.

3. Suite au Quoi de neuf?, le journal est distribué. Les trois premiers articles sont constitués de la transcription du Quoi de neuf? de la semaine précédente. L'élève qui a présenté lit son article à la première personne (il est rédigé à la 3ème personne) sur le principe de la réécriture. Lorsque les articles s'y prêtent, un texte littéraire peut être ajouté en « réponse » (par exemple, un extrait de Noces de Camus complète deux articles sur l'Algérie où les enfants sont partis en vacances, l'incipit de Mémoires d'une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir fait suite à un Quoi de neuf? dans lequel une élève a présenté des photos d'elle bébé, en famille et avec sa petite sœur.

4. Une question de grammaire est ajoutée à la fin des articles. Elle porte sur des relevés de façon à faire apparaître les régularités et l'utilité du point de langue: enrichir la description, situer dans le temps, dans l'espace. Les exemples sont ensuite accumulés et la règle est déduite.

5. S'ensuit une phase d'exercices qui clôt la séance de deux heures.

6. Le journal comporte ensuite une rubrique « Le coin des lecteurs » consacrée à des présentations de livres faites par les élèves sur inscription au cours de la semaine précédente. Les élèves ont ainsi les références de l'ouvrage qui a été présenté, quelques indications sur le contenu et le point de vue du camarade.

7. Les textes libres occupent le reste du journal. Le texte a été écrit en travail individualisé, le brouillon corrigé et amélioré par le professeur puis tapé au CDI après validation. Il peut alors être présenté à la classe. Une fois paru dans le journal, l'auteur peut s'inscrire pour lire son texte pendant la semaine. Les autres peuvent ainsi suivre la lecture car ils sont aussi en possession du texte. La lecture est suivie de trois minutes de questions ou remarques destinées à faire valoir la singularité du texte. Le professeur peut donner une « réponse » au texte c'est-à-dire proposer un texte en écho au texte d'enfant. Le lien peut être thématique (par exemple, proposer une description littéraire sur un paysage, un animal, une personne, etc.) ou stylistique (insérer une explication dans une narration, développer une comparaison, etc.) Dans ce cas, le texte est automatiquement lu à la classe car il contribue à la construction du programme d'apprentissage.

8. Régulièrement, le journal comporte une rubrique en anglais: le What's up? qui fonctionne sur le même principe que le Quoi de neuf?.


Garde-fous
Le journal demande une gestion rigoureuse car il doit paraître toutes les semaines. Sa forme évolue en fonction des classes: en cinquième, les élèves prennent en notes sans feuille type, le secrétaire doit rédiger l'article complet, en troisième, le lien est fait avec un thème ou une œuvre qui peut nourrir l'histoire des arts.
Les journaux restent dans la classe: ils sont rangés avant chaque vacances dans un porte-vues qui reste dans l'armoire. Les élèves l'emportent deux fois par an en janvier et en juin pour le montrer aux familles (mais ils restent en classe pendant les vacances d'été).


Effets sur le climat et les résultats scolaires

Le journal ancre les apprentissages dans la classe et dans le vécu des élèves qu'il contribue à transformer en matière d'apprentissage. L'étude de la langue est mise en pratique toute les semaines parallèlement à des séances systématiques d'exercices ou de leçons. La grammaire est au service de l'expression. Les textes permettent le lien avec les textes du programme en suscitant l'intérêt des élèves (la classe lit plus volontiers un texte de Victor Hugo lorsqu'il est présenté comme répondant à la même problématique que le texte d'un élève de la classe.)
L'expression écrite et orale se développe au cours de l'année: c'est particulièrement visible sur les élèves ayant suivi un parcours « traditionnel » et rejoignant la classe Freinet en sixième. Le travail sur l'étude de la langue nécessite plus de temps pour être évalué. Le journal de classe, parce qu'il est coopératif, contribue à construire l'identité de la classe et à assurer la cohésion du groupe. De l'oral à l'écrit, chaque élève apprend à écouter l'autre et à être attentif à ce qu'il peut nous apporter dans la coopération et le respect. Il est la mémoire de la classe.

Stéphanie Jolivet